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22 2007


Patrie-Cide


jamal khairi


:
: 64
: 54
: paris
: http://mountadaal3acharah.4rumer.com
: 22/01/2009


:

Patrie-Cide

    jamal khairi 10 - 3:14

1)
Une maison
un jardin
une chemine
un soleil souriant
des hirondelles
et les fentres jamais fermes

C'est ainsi
que je t'ai rve
et limite entre l'cole et le seuil
du foyer
ma terre

Tu avais l'odeur de la gomme
et du th
la saveur du pain nu l'heure du goter
la navet
des quartiers affams

Et tu tais fascinante
tellement fascinante

Ou c'est ainsi que je t'ai dessine
quand j'tais une hirondelle
qui ne battait pas encore des ailes
ma terre

Qu'il est amer
de t'voquer maintenant
non pas pour garder ton souvenir
mais
pour que mon sang m'assassine
et m'immortalise dans les abysses de l'agonie

Combien j'ai couru en toi
dans mon quartier pauvre
il y avait des papillons
des ftes
de l'oppression
et une longue nuit

O toi !
blessure que je porte
et avec laquelle je flue!
voici que je jette tous mes beaux rves
d'autrefois
ainsi que ma mmoire rvolue

Et malgr toi
j'ai le droit de t'appartenir
le droit de porter ta poussire
dans mes veines
et le droit
une fois mort
de rpandre mes cendres
sur tes domaines

O ma terre !
je te rveille
je t'veille
et je m'teins

Et je peux t'arracher de mes entrailles
et je peux ne voir dans tes yeux
que la rpression
les larmes
et les prisons
les guillotines dans tes bras

Je peux ne voir en toi
que malheurs
et embarras

Et je peux te ressusciter
de la rouille de ma mmoire
l'image d'une hirondelle-papillon
avec les flancs d'une femme
et la queue d'un paon

En chantant
ma terre est fascinante
tellement fascinante

2)
Les rafales dans le coeur
raflent tous les dsirs ,
les souvenirs
et ce que la puret de l'enfance a dlaiss

Tu saignes flots
comme si le temps t'avait arrache
de mes jugulaires

Te souviens-tu de moi ?

Marchant tes pieds comme un bon chien
en te lorgnant
sans m'ennuyer
j'attendais ?

Ou riant de toutes mes dents
quand tu m'abandonnais
et mon rve devint
vain ?

Entre toi et toi
il y a des forts de potences
Et entre moi et moi
la mort se propage
et les hirondelles se suicident

Te pavanes-tu encore
transpirant
le henn et la lavande ?

Tes vierges sont-elles encore exposes
la vente
au don
et au viol ?

Accouches-tu encore
malgr
les enterrements des nouveau-ns
la famine qui dvore
et les maladies ?

Le fouet est-il encore
ton drapeau
et la prison ton identit ?

Tes matines sont-elles
encore charmantes
et tes soires
donnent-elles encore envie de te quitter ?

L'tre qui survit en toi
est-il encore loin d'ÊTRE ?

Je ne peux que chanter :
ma terre est fascinante
tellement fascinante

3)
Et voici venu le quatrime automne
sans printemps

Paris
danse discrtement derrire les fentres fermes
les murailles des cimetires
et les bars

Pourquoi en te quittant
me suis-je quitt ?

Était-ce une renaissance ?
une neutralit ?

Ou bien
une chute sans fin
dans le tourbillon de la lchet ?

Je cours
pour me fuir vers moi-mme
je vire ...
je m'essouffle sans jamais y parvenir

Et quand je poursuis ma mort
je me dchire
comme une vague cerne par des rochers

Je me faufile
mais
je n'atteins que du sable
qui dessche ce que le dchirement a laiss

Tu es le sige
tu es l'abme
tu es le feu
et je ne peux

Que t'aimer en silence
mourir en silence
comme les feuilles des arbres

Ou me traner vers l'indtermin

un printemps qui n'arrivera peut-etre
jamais
un avenir assassin
ou jusqu' l'ternit

Me voici
fuyant moi-mme vers moi-mme
et Paris
tmoigne que je me suis gar
loin de moi
loin de toi

Comme si des milliers de vagues me ballottaient
chaque fois
je me fatigue et je me noie
puis
je flotte et je m'envole

Comme un oiseau marin
ou un poisson volant
Mon coeur est ma boussole
mes pas sont mes voiles
et les vents sont :
l'envie
l'affliction
et la douleur !

4)
Paris est un gouffre
et moi
je traverse ce qui me spare de moi
et je me jette :

Je m'abandonne
je m'tends
je laboure ses coins brlants
sans me brler

Je pntre ses steppes
je rayonne
je m'enfonce
et je jure de ne plus te revoir
pardonne-moi

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